Self-défense ou technique d’expression corporelle ?
Je n’aime pas beaucoup le terme de self défense, mais il en faut bien un ! Il a en effet une connotation paranoïaque. Soyons honnête, dans la majeur partie des cas, on pousse la porte d’un dojo, d’une salle d’entraînement aux sports de combat ou on rejoint une classe de défense personnelle, car l’on ressent un profond sentiment d’insécurité. Dans les Arts Martiaux, le vernis sportif, culturel et spirituel de l’Art, masque cet état de fait, tout comme le côté sportif des confrontations pugilistiques des sports de combat. En self défense, les raisons d’être là sont sans équivoque. Ainsi, on cherche à apprendre quelques trucs et astuces destinés à nous sortir indemne d’une hypothétique confrontation. La vérité, c’est que cette façon de faire ne fonctionne pas. Il faut s’entraîner sans idées préconçues, accepter le côté ludique des mises en situations, et LAISSER LE CORPS INTEGRER LES BONS AUTOMATISMES ; ça n’est pas l’intellect qui enregistre. Par l’intermédiaire de ce genre de cours, il faut plutôt chercher à découvrir son potentiel (physique mental et émotionnel) par rapport à l’autre.
Confrontation = Distance !
Concrètement, un cours de self défense va s’articuler autour de la notion de distance ; celle qui nous sépare de l’opposant. Si au moment de la confrontation je ne suis pas présent (ce qui correspond à la distance la plus longue), je suis en sécurité. Plus cette distance se raccourcis, plus je dois adapter ma forme de corps au type de confrontation qui se prépare. Ainsi, il semble nécessaire d’intégrer dans un cours de self défense, toutes les distances que l’on rencontre dans une confrontation, à savoir : -distance longue : l’opposant est armé (arme blanche ou objet contondant) -distance de jambe : c’est celle où les karatékas modernes, kickboxeurs etc sont le plus à l’aise. -distance de poings : elle correspond à la boxe anglaise. C’est à cette distance que les techniques de frappes côtoient les saisies, arm-lock et étranglements. On est déjà ici très rapidement dans une distance de corps à corps type lutte. -lutte au sol : la confrontation dégénère très rapidement vers la lutte au sol. Là encore, techniques de frappe, contrôle articulaire, et strangulations sont de mise. Un cours de défense personnelle vraiment complet, devrais explorer toutes ces distances de combat, et en analyser le fonctionnement et les techniques spécifiques.
Les méthodes utilisées :
On aborde ces différentes distances de combat et leur techniques spécifiques, par l’intermédiaire du jeu sportif. Si l’on prend l’exemple de la boxe, celle-ci nous apprend à bouger correctement le corps dans l’espace, à se placer et se déplacer par rapport à l’autre, à utiliser efficacement notre corps pour frapper avec tout notre potentiel etc.. Bref, il faut partir du jeu de confrontation sportif, afin d’acquérir les automatismes indispensables, et de développer notre potentiel de combat en toute sécurité. Le poing ganté permet d’éviter les grosses blessures (de la main et du visage du partenaire !) Il ne reste plus ensuite qu’à modifier l’arme utilisée (la façon dont on forme l’arme naturelle qu’est la main par exemple), afin d’être le plus efficace possible). Ainsi, une jeune femme de 50 kg peut s’entraîner avec un partenaire plus lourd qu’elle dans le cadre des règles sportives, avec les poings gantés. Dans une situation de self défense, le direct du gauche qu’elle aura réussi à placer en une fraction de seconde avant que son partenaire ne la plaque au sol, se transformera en pique des doigts aux yeux ou à la gorge. Dans le cadre de la confrontation sportive, elle aura placée une belle technique, mais insuffisante pour mettre hors d’état de nuire son partenaire, mais dans un contexte différent, elle mettait fin à la confrontation de façon radicale, en se laissant au minimum, le temps de fuir.
Le jeu sportif et son approche ludique est fondamental.
Ainsi il ne faut jamais confondre jeu d’opposition sportif, où le meilleur gagne dans le cadre de règles strictes (où d’ailleurs, les catégories de poids des combattants sont définies), et la situation extrème d’agression, où tout est permis. Dans le premier cas, il faut que je gagne, dans le second, il faut que je sorte indemne (même si parfois, on pense la même chose dans le cadre de la confrontation sportive !) L’approche sportive revêt un intérêt fondamental. D’une part, il permet l’approche de la gestion du stress dans le cadre d’une confrontation où les deux protagonistes cherchent à marquer des points sans en perdre. Et d’autre part, le développement de capacités de combat, où l’on doit donner le meilleur de soi sous pression. C’est le meilleur moyen de travailler son mental, qui est au final, l’élément clé. Il vaut mieux s’entraîner à placer des techniques relativement peu dangereuses face à un partenaire qui ne se laisse pas faire, plutôt que des techniques soi disant mortelles face à quelqu’un de complaisant. Le « jeu » se rapproche ainsi le plus possible de la réalité.
Pratiquer
Dans le cadre de cours particuliers, ou grâce au support pédagogique vidéo, qui constitue une excellente introduction, en même temps qu'un catalogue de techniques fondamentales.
Ne pas hésiter à s'y référer régulièrement afin de se rafraîchir la mémoire !